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Peur de l’abandon : comprendre la blessure et ses origines

Quand une peur ancestrale façonne nos liens… parfois à partir de ce qui n’a jamais été un abandon


Fillette seule sur le chemin traînant son ours en peluche

Une peur silencieuse mais structurante


Parmi les grandes peurs ancestrales qui traversent l’humanité, certaines sont visibles, bruyantes, faciles à nommer. D’autres sont plus discrètes, mais profondément structurantes.


La peur de l’abandon fait partie de ces peurs silencieuses. Elle ne se manifeste pas toujours par des crises ou des demandes explicites. Elle agit souvent en arrière-plan, influençant les relations, les choix affectifs, la manière d’aimer, de s’attacher ou de se protéger.


Contrairement à une idée reçue, la blessure d’abandon ne repose pas nécessairement sur un abandon réel, factuel ou intentionnel. Elle peut se construire à partir d’une perception émotionnelle, d’un vécu subjectif d’un événement qui, en soi, n’était pas un abandon. C’est précisément ce qui rend cette peur si répandue… et si difficile à identifier.


Une peur ancestrale inscrite dans le système de survie


Sur le plan évolutif, être abandonné a longtemps représenté une menace vitale. Un enfant laissé seul, privé de protection ou de lien, avait peu de chances de survivre.


Notre système nerveux conserve la trace de cette réalité archaïque. Même aujourd’hui, une distance affective, un retrait émotionnel ou une absence temporaire peuvent activer ce système d’alerte, indépendamment de la réalité objective. La peur de l’abandon n’est donc pas une faiblesse psychologique. C’est une mémoire de survie encore active dans nos relations modernes.


Quand la perception crée la blessure


Abandon réel et abandon ressenti : une différence essentielle


Une blessure d’abandon peut évidemment naître de situations objectivement traumatiques :

  • une séparation brutale,

  • un décès,

  • un abandon physique ou affectif manifeste,

  • une instabilité relationnelle majeure.


Pourtant, dans de nombreux cas, aucun abandon réel n’a eu lieu. La blessure se construit alors à partir de l’interprétation émotionnelle de l’enfant face à un événement qu’il ne peut pas encore comprendre avec maturité.


Des situations ordinaires à fort impact émotionnel


Par exemple :

  • un parent fatigué, stressé ou débordé,

  • une hospitalisation temporaire,

  • une naissance qui détourne l’attention,

  • un parent présent physiquement mais distant émotionnellement,

  • des séparations répétées, même courtes.


Pour l’enfant, ce qui compte n’est pas l’intention de l’adulte, mais le ressenti intérieur :

« Je ne compte plus autant. » « Je suis seul avec ce que je ressens. » « Si j’ai besoin, je dérange. »

Aucun abandon n’a été commis. Mais le sentiment d’abandon, lui, s’est inscrit.


Comment la peur de l’abandon s’exprime à l’âge adulte


Femme apeurée dans une toile d'araignée

La peur de l’abandon ne se présente pas toujours comme telle. Elle se manifeste souvent à travers des comportements socialement acceptés, voire valorisés.


Elle peut se traduire par :

  • une peur excessive de décevoir,

  • une difficulté à poser des limites,

  • un besoin constant de réassurance,

  • une jalousie diffuse,

  • une dépendance affective,

  • une peur intense du conflit,

  • ou, à l’inverse, une prise de distance émotionnelle préventive.


Certaines personnes s’attachent très vite. D’autres évitent l’attachement profond. Ces différences s'expliquent notamment par les liens d'attachement connus par l'enfant dans sa prime enfance.


Les stratégies diffèrent, mais la racine est la même :

« Si je ne fais pas attention, je pourrais être abandonné. »

Pourquoi cette peur persiste même dans des relations stables


Il est fréquent que des personnes vivant une relation saine, aimante et sécurisante ressentent malgré tout une insécurité affective persistante.


Cela s’explique simplement : la peur de l’abandon ne réagit pas au présent mais à ce qui lui ressemble. Un silence, un changement de ton, un message non répondu, une fatigue inhabituelle… Autant de signaux neutres qui peuvent réactiver une mémoire émotionnelle ancienne. Le corps se souvient, même lorsque la raison sait.


Les confusions induites par la peur de l’abandon


Sous l’influence de cette peur, certaines confusions s’installent :

  • amour et fusion,

  • lien et sacrifice de soi,

  • sécurité et contrôle,

  • présence et disponibilité totale.


Pour éviter d’être quitté(e), on finit parfois par s’abandonner soi-même. Paradoxalement, c’est souvent ce mécanisme qui fragilise le lien.


Apaiser la peur de l’abandon : une démarche progressive


Il ne s’agit pas de supprimer cette peur, mais d’apprendre à ne plus lui confier les commandes.


Quelques axes essentiels

  • Reconnaître que la blessure est souvent liée à une perception ancienne

  • Différencier la réalité actuelle de l’histoire émotionnelle passée

  • Renforcer la sécurité intérieure

  • Apprendre à être en lien sans s’effacer


Ce processus demande du temps, de la bienveillance envers soi, et parfois un accompagnement. Mais il permet des relations plus libres, plus stables et plus conscientes.


Conclusion – Comprendre pour ne plus se juger


La peur de l’abandon n’est ni une faiblesse, ni un défaut de caractère. C’est une trace émotionnelle laissée par des expériences parfois invisibles, mais profondément marquantes. Comprendre qu’une blessure d’abandon peut se construire sans abandon réel permet de sortir de la culpabilité et du jugement de soi. C’est souvent à cet endroit que commence une nouvelle façon d’aimer :plus sécurisée, plus équilibrée, plus respectueuse de soi.


Et maintenant ?


Si vous sentez que la peur de l’abandon influence vos relations, vos choix ou votre bien-être émotionnel, sachez qu’il est possible de l’apaiser durablement. Un accompagnement thérapeutique ou de coaching permet notamment de :

  • comprendre l’origine de cette blessure,

  • renforcer la sécurité intérieure,

  • transformer les schémas relationnels répétitifs.


👉 Si vous souhaitez être accompagné(e), je vous invite à me contacter ou à prendre rendez-vous directement via www.therhappy-mons.be Parce qu’aimer ne devrait jamais être vécu comme une menace.

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