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Le Docteur HOUSE… et moi

Dernière mise à jour : 13 déc. 2025

Quand un personnage nous renvoie une version de nous-même


House et son équipe

Pendant longtemps, j’ai détesté le Docteur House. Pas seulement pour ce qu’il faisait… mais pour ce qu’il réveillait en moi.


À l’époque, je me serais volontiers présenté comme un homme "franc", "lucide" et "à l'écoute". Avec le recul, disons simplement que j’avais un style relationnel assez… "House-compatible". Dans ma façon d'être et mes comportements, le sarcasme remplaçait la confiance. La distance tenait lieu de force. Et l’ironie me servait de bouclier quand l’empathie me coûtait trop. Je ne me voyais pas ainsi à l’époque — et c’est précisément pour ça que la série m’irritait autant.


On ne hait jamais autant un personnage que lorsqu’il nous ressemble un peu trop !


Pourquoi je détestais autant Dr House


Quand la série est sortie en 2007, il était totalement impossible pour moi d’accrocher. Le personnage me mettait hors de moi : cynique, humiliant, manipulateur, rebelle, brillant mais destructeur. Ce que je rejetais, ce n’était pas son intelligence, mais sa manière d’exister au monde.


Ce que je ne pouvais pas m'avouer à l’époque, c’est que, parfois, je fonctionnais moi-même selon les mêmes codes et avec les mêmes comportements que House.


2025… un nouveau regard


Cet été, mon fils s’est refait la série pendant nos vacances et je me suis surpris à regarder distraitement quelques épisodes avec lui, Quelques semaines plus tard, je cherchais une série pour me "vider la tête" et je suis tombé sur… Dr HOUSE.


"Après tout, pourquoi pas ?" J'ai donc lancé le premier épisode de la première saison, juste comme ça… Pour voir. Puis le second épisode et le troisième, bien installé dans mon canapé.


C'est à partir de ce moment que des questions ont commencé à émerger dans mon esprit. Étonnamment, je ne voyais plus ce personnage de la même façon que 18 ans plus tôt. Plus surprenant encore, House me faisait sourire. Pas par complicité, pas parce qu'il est "drôle", mais par compréhension. Le personnage n’avait pas changé...Moi, oui !


Le vrai déclic : House me renvoyait mon propre fonctionnement


Avec le recul, je peux le dire sans jugement et avec bienveillance envers celui que j'ai été : Durant la majeure partie de ma vie, j'ai partagé certains mécanismes avec lui.


💬 Le cynisme comme armure


Quand l’estime de soi vacille, il existe mille manières de se protéger. Certains se durcissent, d’autres disparaissent en se faisant tout petits, d’autres encore s’attachent très fort pour éviter d’être abandonnés, et beaucoup apprennent à couper leurs émotions en se réfugiant dans le mental.


De mon côté, j’ai combiné plusieurs stratégies : la dureté (cynisme, arrogance, froideur) pour garder le contrôle, la fuite relationnelle quand le lien devenait trop menaçant et une forme d’hyper-rationalité qui me permettait de ne pas ressentir ce que je n’étais pas prêt à accueillir. Ce n’était pas de la froideur par nature, c’était un système de survie psychologique.


La voie de l’intégration — apprendre à me renforcer de l’intérieur plutôt que de me défendre — est venue (beaucoup) plus tard.


💬 La supériorité comme stratégie relationnelle


Mieux vaut être redouté que vulnérable. Mieux vaut couper court que ressentir.

Le sarcasme n’était pas une force. C’était aussi une stratégie de survie émotionnelle.


Pourquoi puis-je regarder House sans colère aujourd’hui ?


Ce qui a changé, ce n’est pas ma tolérance au manque d’empathie ou d'humanité. Ce qui a changé, c’est ma capacité à ressentir, à accueillir et à exprimer mes émotions autrement.


Avec le temps, j'ai appris à :


  • poser des limites en respectant davantage l'autre,

  • dire vrai sans aucune intention de blesser (même si parfois je suis conscient de la dureté de mes propos),

  • utiliser ma lucidité sans m’en servir comme d'une arme.


Résultat :

Aujourd’hui, je peux regarder House sans le vivre comme un miroir menaçant.

Gregory House est un personnage… pas une version refoulée de mon histoire.


Docteur House : un archétype du “génie blessé”

S’il fascine autant, ce n’est pas par sa toxicité. C’est parce qu’il symbolise un mécanisme humain universel :

Quand on ne sait pas comment exister en douceur, on existe en rugosité.

Ce n’est pas la méchanceté qui le définit, mais la peur de la vulnérabilité. Et c’est précisément ce qui le rend si utile comme miroir psychologique.


Ce que nos réactions disent de nous


Nos réactions face aux personnages de film ou de série sont très rarement neutres :

Visage du Docteur House

  • Ce qui nous agace réveille une blessure.

  • Ce qui nous fascine révèle un désir ou un interdit.

  • Ce qui nous indiffère ne parle pas de nous.


Dans mon cas, House incarnait quelque chose que je n’étais pas prêt à accepter.


Aujourd’hui, il incarne quelque chose que j’ai dépassé et que je continue à dépasser.


Changer, ce n’est pas renier : c’est élargir

Je ne renie pas la personne que j’ai été. Je comprends aujourd’hui pourquoi j’ai adopté ces comportements. Changer ne veut pas dire renoncer à la lucidité ou à la force. Changer, c’est choisir la force intérieure plutôt que la force défensive.


  • On peut être direct sans être cassant.

  • On peut être lucide sans être méprisant.

  • On peut être solide sans être blindé.

  • On peut être puissant sans être blessant.


Conclusion : si House ne m’irrite plus… c’est que je n’en ai plus besoin


Aujourd'hui, je peux regarder cette série sans rejet, sans identification, sans colère. Je vois un homme blessé qui se protège pour le moins maladroitement. Je vois un mécanisme que je connais, mais qui ne convient plus à celui que je suis devenu.

Ce n’est pas que House soit devenu plus sympathique comme par magie. C’est moi qui n'ai plus besoin de lui ressembler.

Et c’est une belle façon de mesurer son propre chemin.


Envie de transformer votre rapport à l’autre et à vous-même ?


Si ce regard sur House résonne en vous. Si vous vous reconnaissez dans certains mécanismes de protection ou de dureté relationnelle, je peux vous accompagner dans ce cheminement — en thérapie ou en coaching.


👉 Vous pouvez prendre rendez-vous en ligne directement sur ce site.



Coachablement Vôtre


Jean-Didier Rosi

Coach et thérapeute

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