Les angoissés de Noël
- Jean-Didier Rosi
- 25 déc. 2025
- 4 min de lecture
Ou comment survivre à la période la plus “magique” de l’année quand on n’a pas le mode d’emploi émotionnel.

Pour certains, Noël, c’est des étoiles dans les yeux, des chants dans les oreilles et du chocolat dans le ventre. Pour d’autres, c’est surtout... une boule dans la gorge, des tensions dans les épaules, une légère envie de partir vivre avec des lamas au Pérou.
Bienvenue dans le club très select (mais trop peu médiatisé) des angoissés de Noël.
Noël, ce révélateur émotionnel XXL 💥
Noël, ce n’est pas juste une fête. C’est un amplificateur émotionnel industriel.
Tout est plus : Les attentes sont plus hautes. Les souvenirs sont plus présents. La solitude est plus bruyante. Les conflits familiaux plus électriques. Le manque plus visible.
Le monde entier vous répète en boucle :
“C’est la plus belle période de l’année !”
…alors que vous, vous ressentez surtout : “Mais pourquoi j’ai du mal à respirer ?”
Vous pouvez avoir l’impression d’avoir loupé une formation secrète quelque part : Celle où on apprend à être heureux entre le 20 décembre et le 2 janvier.
😧 Les différents profils d’angoissés de Noël
Vous vous reconnaîtrez peut-être dans l’un de ces modèles :
🎄 L’angoissé social : Celui ou celle qui surveille son agenda comme un joueur d’échecs sous anxiolytiques : “Le repas avec la belle-famille”; “Le dîner avec les collègues”; “Le brunch du 26”; “La cousinade surprise”; ... Trop de monde, trop de bruit, trop d’interactions forcées.
🎄 L’angoissé affectif : Celui dont Noël remue les souvenirs : les absents; les séparations; les familles idéales qui n’ont jamais existé; les “ça devrait être autrement”; ... Ça brille dehors, mais ça pleure dedans.
🎄 L’angoissé de la performance festive : Celui qui veut que tout soit parfait : Le repas, les cadeaux, l’ambiance, les bougies (mathématiquement réparties).
Spoiler : décembre, ce n’est pas une comédie romantique Netflix.
🎄 L’angoissé du portefeuille : Celui pour qui Noël rime moins avec "sapin" qu’avec "dépenses". Faire plaisir sans se ruiner devient un sport olympique.
🤕 Pourquoi Noël fait si mal parfois ?
Parce que Noël ne montre pas ce qui va bien. Il met surtout des projecteurs sur ce qui manque : un lien; une reconnaissance; une famille rêvée; une paix intérieure; un sentiment de sécurité; ... Ce n’est pas que vous soyez faible. C’est que cette période touche les zones sensibles de l’âme. Et personne ne parle assez de ça.
⛑️ Quelques antidotes émotionnels pour survivre à Noël
Voici un kit de secours pour angoissé festif :
✅ Dédramatiser les injonctions : Vous n'êtes pas obligé.e d’aimer Noël, d’aimer tout le monde, d’être joyeux / joyeuse, de manger de la dinde, ...
Vous voyez Noël comme un « mauvais moment à passer » ou une obligation familiale ? Vous n’avez pas ou peu d’affinité avec certains membres de la famille ? Vous êtes en désaccord total sur votre vision du monde et de la vie avec certains d’entre eux et vous ne les supportez plus ? Commencez par faire le tri entre ce qui est important et ce qui l’est moins.
On ne choisit pas sa famille, on doit l'accepter telle qu'elle est.
L'important est de débrancher - pour quelques heures seulement - les relations compliquées avec certains membres de la famille. Noël n’est pas un test de bonheur.
✅ Baisser le niveau de perfection : Noël imparfait = Noël humain. Vous aimez Noël, mais vous êtes du genre à vous mettre la pression pour que tout soit parfait ? Vous avez peur de ne pas avoir trouvé des cadeaux à la hauteur de vos espérances ? Vous doutez de vos talents de cuisinier / cuisinière ?
STOP ! Ce ne sont que des petits tracas qui ne devraient pas vous empêcher de profiter de l'instant présent ! Un repas raté n’est pas un drame. Un cadeau simple n’est pas un échec. Un moment bancal reste un moment vivant.
✅ Vous écouter vraiment : Si vous êtes fatigué.e :👉 Vous avez le droit de vous isoler. Si vous êtes triste :👉 Vous avez le droit de ne pas sourire. Si tu es agacé.e :👉 Vous avez le droit de faire des pauses.
✅ Faire de la place à ce qui compte vraiment : Noël n’est pas un décor. C’est un ressenti. Et parfois, une bougie vaut plus qu’un banquet.
Mais peut-être n'aimez-vous pas Noël pour des raisons plus profondes ?
Certaines raisons peuvent vous pousser à décider de ne pas assister aux retrouvailles. Peut-être mettez-vous en place une stratégie récurrente d'évitement afin de vous protéger d'une possible blessure de rejet ? Peut-être que votre aversion pour cette fête est liée à un évènement qui vous a profondément traumatisé.e ?
Si vous avez quand même envie de participer à la fête, posez vos limites. Souvenez-vous que vous avez le droit de ne pas répondre à toutes les demandes. Si l'un des convives vous pose des questions ou vous fait une remarque qui vous met mal à l’aise, vous avez le droit de lui dire calmement « je n’ai pas envie de répondre », « je ne souhaite pas entrer dans cette discussion avec toi/vous ».
🍾Et si vous faisiez de ce Noël… un Noël pour vous ?
Pas celui des pubs, ni celui des traditions pesantes ou celui de la perfection mais celui du respect de vos besoins, de la douceur envers vous-même, du droit d’être comme vous êtes, ...
👉 Parfois, le plus beau cadeau que vous pouvez vous offrir, c’est de ne pas vous forcer à aller bien.
☃️En conclusion (sans flocons artificiels) ❄️
Si vous êtes angoissé.e à Noël, vous n'êtes pas un.e extraterrestre émotionnel.le. Vous êtes juste humain.e dans une société qui veut tout rendre magique.
Et parfois, la vraie magie…c’est d’oser être authentique... Même avec une boule au ventre et un pull moche. 🎄Dans tous les cas, je vous souhaite un bon Noël 🎅
Jean-Didier Rosi
Coach et Thérapeute



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