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Comment l’hypnose agit sur le cerveau ?

Entre science et conscience, que révèle vraiment l’état hypnotique ?


vue arrière d'une femme sous casque d'Encéphalographie

Vous avez peut-être déjà entendu cette phrase :

« Fixez un point devant vous, écoutez ma voix, et laissez-vous aller… » En quelques instants, le corps se détend, les pensées ralentissent, et quelque chose change. Mais que se passe-t-il exactement dans le cerveau à ce moment-là ? Est-ce un état imaginaire ou un véritable phénomène mesurable par la science ?

Depuis une trentaine d’années, les neurosciences se penchent sérieusement sur l’hypnose. Grâce à des outils récents comme l’IRM fonctionnelle (IRMf), on sait désormais que l’état hypnotique modifie réellement l’activité cérébrale.


Non, ce n’est pas “du théâtre” : c’est une autre façon de faire fonctionner notre cerveau.


🧠 L’hypnose, un état modifié… mais bien réel


L’hypnose n’est ni du sommeil, ni une perte de conscience. C’est un état modifié de conscience, c'est une manière différente de traiter l’information. Le corps se détend, la vigilance change, l’attention devient plus sélective.


D’un point de vue cérébral, cela se traduit par un ralentissement de l’activité électrique. Le cerveau passe progressivement d’un rythme bêta (celui de l’analyse, de la réflexion) à des ondes alpha et thêta, associées à la détente, à la rêverie et à l’imagination active. C’est le même type d’état qu’on observe en méditation profonde, juste avant l’endormissement ou pendant une absorption artistique intense.


Sous hypnose, la partie rationnelle du cerveau — celle qui juge, critique, analyse — se met doucement en retrait. Le mental “cesse de commenter” et cela permet à d’autres zones, plus créatives et émotionnelles, de s’exprimer librement. La personne ne dort pas : elle ouvre simplement un autre canal d’attention.


🔬 IRM et IRMf : quand la science observe la conscience


Pendant longtemps, il était difficile d’expliquer ce qui se passait pendant l’hypnose. Tout a changé avec l’arrivée de l’imagerie cérébrale, notamment l’IRMf (Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle).


➤ La différence en clair :


  • L’IRM classique montre la structure du cerveau : ses formes, ses tissus, ses zones denses ou lésées.

  • L’IRM fonctionnelle (IRMf), elle, observe l’activité : elle détecte les variations d’oxygénation du sang dans chaque région du cerveau. En d’autres termes, elle voit le cerveau en train de penser, de rêver, d’imaginer ou de se concentrer.


C’est grâce à cette technique qu’on a pu observer, en temps réel, ce que l’hypnose change vraiment dans le cerveau.


Photo d'un médecin examinant un patient sous IRM

🧩 Ce que montrent les images du cerveau sous hypnose


Les études de chercheurs comme David Spiegel (Stanford University) ou Jean-Rémy Dubois (INSERM, France) ont montré plusieurs phénomènes constants chez des patients placés en état hypnotique :


  • Le cortex préfrontal dorsolatéral — associé au contrôle volontaire et à l’autocritique — ralentit.

  • Le cortex cingulaire antérieur, impliqué dans la concentration et l’attention sélective, s’active davantage.

  • Les connexions entre certaines zones deviennent plus fortes, alors que d’autres se relâchent.


Résultat :le cerveau hypnotisé devient à la fois hyperconcentré et profondément détendu. C’est comme si vous étiez “absorbé dans un film intérieur”, sans pour autant perdre conscience du monde extérieur.


Une étude publiée dans PNAS (Spiegel, 2016) a montré que l’hypnose synchronise différemment les réseaux cérébraux :


  • le réseau de la conscience de soi se met au repos,

  • celui de la focalisation se renforce,

  • et le réseau émotionnel devient plus réceptif.Autrement dit : le cerveau se met en “mode coopération”.


🧘‍♂️ Les travaux du Dr Steven LAUREYS : méditation, hypnose et conscience


Le Dr Steven Laureys de l'ULg
Docteur Steven Laureys

En Belgique, le Dr Steven Laureys, neurologue au Coma Science Group (Université de Liège), a consacré une grande partie de sa carrière à explorer les états modifiés de conscience : coma, méditation, rêve… et hypnose.


Grâce à l’IRMf, son équipe a comparé l’activité cérébrale d’un cerveau “éveillé”, “endormi”, “méditatif” et “hypnotisé”... Les résultats sont fascinants.


Sous hypnose, le Dr Laureys observe :


  • une activation accrue du réseau attentionnel,

  • une désactivation des zones de contrôle mental,

  • et une augmentation de la communication entre les régions sensorielles et émotionnelles.


En clair :

Le cerveau hypnotique reste éveillé, mais il cesse de commenter en permanence ce qu’il vit.

Dans ses études sur la méditation de pleine conscience, il retrouve un schéma similaire : un ralentissement global, mais une présence accrue à l’expérience. C’est ce qu’il appelle un état de conscience augmentée, plutôt que diminuée.


Steven Laureys a cette phrase magnifique :

“L’hypnose et la méditation ne font pas dormir le cerveau. Elles le réorganisent pour qu’il puisse écouter autrement.”

⚡ Quand le cerveau devient plus malléable


Cette réorganisation cérébrale permet de réécrire certaines associations mentales. Sous hypnose, les circuits neuronaux liés à la peur, à la douleur ou à la culpabilité peuvent être “désactivés temporairement”, pendant que d’autres — ceux du calme, de la confiance ou du plaisir — se renforcent.


Des études comme celle de Pierre Rainville (Université de Montréal, Science, 1997) ont montré que l’hypnose modifie la perception de la douleur : le signal douloureux arrive bien au cerveau, mais il est interprété différemment. C’est un peu comme si l’esprit disait : “Oui, je sens la douleur, mais elle ne me dérange plus.” Ce constat est à l'origine de l'utilisation de l'hypnosédation pour remplacer l'utilisation des anesthésiques classiques.


Ce phénomène illustre la neuroplasticité : la capacité du cerveau à se remodeler selon les expériences. Sous hypnose, on crée un contexte où les anciens schémas peuvent être revisités, réécrits, voire remplacés.


🌿 Hypnose et émotions : le dialogue intérieur retrouvé


Sous hypnose, le cerveau limbique (celui des émotions) entre en communication plus fluide avec le néocortex (celui de la réflexion). Le résultat, c’est une forme de dialogue intérieur apaisé : on ressent, on comprend, on libère.


C’est pour cela que l’hypnose est si utile pour travailler la confiance, les blessures émotionnelles, les blocages, ou la gestion du stress. Elle ne supprime rien : elle permet de voir autrement.


La science rejoint ici la symbolique : quand la raison se tait, l’intuition et la mémoire émotionnelle reprennent leur voix.

🧭 Les limites de la science… et la puissance de l’expérience


Il faut rester lucide :l’hypnose ne fait pas “disparaître” les problèmes, et elle ne remplace pas un traitement médical mais elle offre un accès privilégié à nos ressources internes — cette zone où émotions, sensations et pensées peuvent se réconcilier.


Les études en IRMf continuent de révéler la complexité de cet état, mais aucune machine n’a encore mesuré la subjectivité du vécu hypnotique : ce sentiment d’être pleinement conscient, mais autrement.


🌙 Conclusion – Quand la science observe le mystère


Sous hypnose, le cerveau ne dort pas : il s’organise différemment. Les zones du contrôle se calment, celles de l’émotion et de l’imagination s’illuminent. Grâce à l’IRMf, les chercheurs comme Steven Laureys nous montrent que l’hypnose, la méditation et d’autres états de conscience modifiée ne sont pas des fuites du réel, mais des portes d’accès à une conscience plus fine.

L’hypnose n’endort pas : elle réveille autrement. Elle apprend au cerveau à se souvenir qu’il sait déjà comment aller mieux.

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Jean-Didier Rosi

Hypnothérapeute certifié

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